ASSOCIATION FRANCO-CANADIENNE LUISA-PICCARRETA

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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TÉMOIGNAGES

 

Voici quelques textes composés par M. Raymond Custeau. Il a été le premier traducteur au Québec des écrits de Luisa Piccarreta. Raymond était un passionné de la Divine Volonté et en faisait sa nourriture de tous les jours à l’exemple de Jésus–Christ.

 

C’était un ami avec qui il était si consolant et si plaisant de partager sur la Divine Volonté.

Il était transparent de la Lumière de Dieu et son abandon à la Divine Volonté, surtout durant sa maladie, les derniers mois de sa vie le rendait comme un soleil rayonnant de la Beauté de Dieu.

 

Raymond est décédé d’un cancer du poumon au mois de mars 2004. Aujourd’hui l’Association Franco-Canadienne Luisa Piccarreta veut lui rendre hommage en publiant quelques-uns des textes qu’il avait composés. Nous remercions sa famille qui nous a permis de publier ses écrits personnels. Nous espérons que ce témoignage saura toucher votre cœur.

 

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L’appel de Dieu

 

Le Monde

 

                

          Le monde est le haut lieu de l’individualité, son empire.  C’est le champ clos où elle se déploie avec une liberté qui se veut totale, à l’exclusion même de Dieu.  Cette liberté, qui est conçue  à la fois comme un droit et une promesse de bonheur, paradoxalement est source de rivalités, de conflits jamais résolus entre les individus et les peuples. De là, La difficulté de préciser où commence la liberté de l’un et où s’arrête la liberté de l’autre.  Ce qui fait le bonheur des uns— mais est-ce vraiment le bonheur? —se révèle souvent le malheur des autres.  On a beau se laisser emporter par ses appétits, ses convoitises, ses passions, il n’est pas possible d’établir un bonheur authentique et durable au détriment des autres.  Pourtant, au cours de l’histoire humaine, un grand nombre ont essayé et se sont entêtés jusqu’à ce que le choc en retour se produise. Parfois les conséquences se font attendre et ne sont subies que par les générations suivantes.  Il n’y a pas de justice en ce bas monde comme le dit le vieil adage. Et l’homme n’apprend guère des erreurs des autres.  Et c’est ainsi que l’histoire se répète.

 

 

          Emportés par nos soifs, nous avons beaucoup de difficultés à comprendre où nous ne voulons pas comprendre…  Nous n’aimons pas surtout qu’on vienne nous faire la morale.  Rien n’est plus exécré aujourd’hui dans notre monde, si fier des libertés conquises et de ses droits, que tout ce qui sent la morale, la volonté d’exercer un frein quelconque.  Nous préférons même endurer les pires excès et des abus de toutes sortes plutôt que d’accepter ce qui pourrait éventuellement se révéler comme une atteinte à nos libertés chéries. Il est vrai que cette attitude est une réaction aux abus d’autorité et aux étroitesses d’esprit qui étaient répandues.  Puis, il y a l’orgueil qui joue son rôle.

 

          A bien des égards, la nature humaine ne cesse pas d’être déconcertante. La chronique de l’humanité à travers les âges, tissée de toutes sortes de turpitudes, en est une éloquente confirmation.  En dépit de velléités déistes et de pratiques religieuses de différentes inspirations, les tendances humaines les plus troubles se sont en tout temps donné libre cours. Aujourd’hui, dans un siècle qui se veut éclairé et progressif, les rivalités, les guerres, les injustices, les préjugés, les magouilles, la recherche effrénée des pouvoirs et de l’argent, le gaspillage des ressources de la planète qui met en danger l’environnement et menace la survie de nombreuses espèces, l’irrespect  en général de la vie, tout confirme la faillite de notre gestion de la planète, en dépit du progrès fantastique de la science.  De cet état de fait que conclure si ce n’est que nous n’avons pas su trouver en nous-mêmes, malgré nos prétentions, une base solide de référence pour mettre de l’ordre autour de nous. Cette base pourtant existe au-delà de nos suffisances.

 

          Si nous dépassons un évolutionnisme borné, qui d’ailleurs n’a jamais pu expliquer l’origine de la vie, ni comment elle arrive à se maintenir devant des impondérables de toutes sortes, et qui se donne une crédibilité par défaut, en s’appuyant sur une conception simpliste et mythologique du créationnisme, il faut reconnaître que le monde, dans sa complexité, et l’homme en particulier ne peuvent être le résultat du hasard. Il ne suffit pas de constater qu’il se produit des mutations chez les espèces à travers les âges, il faudrait expliquer comment de nouveaux gènes peuvent apparaître et amener des transformations.  Pour peu que l’on regarde au fond de nous et autour de nous, il faut admettre, et nous en avons conscience, qu’un Esprit supérieur est à la source de tout cela et le maintient malgré les aléas considérables qui sans cesse le menacent et pourraient amener sa fin.  Il est plus raisonnable de penser que cette Puissance commande la vie que de croire que tout a commencé et se maintient par un nombre infini d’heureuses coïncidences qui ne cessent jamais. Par quelle magie? Tous l’ignorent. Comment se satisfaire de nombreuses explications sur les innombrables étapes franchies par la vie pour arriver à son développement si on se refuse à reconnaître son Origine.

 

          La vérité c’est que le monde ne peut se maintenir sans Dieu dont il tire son énergie ou la vie à chaque seconde.  Pourtant l’homme, dans son ingratitude, profite de tout ce que Dieu lui offre, la vie, le soleil, l’eau, les biens de la terre, tout ce qui est nécessaire à sa subsistance, et il a la naïveté de croire qu’il peut se passer de Lui.  De fait, il défie Dieu constamment alors que tout en lui et autour de lui le met sans cesse devant sa faiblesse et sa vulnérabilité.  C’est que l’idée même de Dieu dérange comme s’Il pouvait être un obstacle à notre réalisation, à une certaine forme de bonheur que chacun se fait à son corps défendant et souvent au détriment des autres.

 

          Cette bravade constante, cette illusion entretenue, Dieu la subit et la tolère par amour, par respect pour ceux qu’Il a créés et qu’Il considère comme ses enfants. Dieu, dans sa puissance illimitée que rien ne saurait ébranler, appelle l’homme à partager sa gloire, malgré sa petitesse et ses refus.  Son Amour indicible souffre de voir l’homme se créer des difficultés inouïes par ses refus et sa volonté de suivre ses propres chemins.  Il attend patiemment que l’homme revienne vers Lui et réponde à son Amour. 

 

          Il existe entre Dieu et l’homme un malentendu, qui sévit depuis des temps immémoriaux et qui a sa racine au plus profond de notre nature humaine, entretenu par notre orgueil qui refuse l’amour.  Nous avons énormément de difficultés à nous éveiller aux modalités de l’amour, qui est pourtant notre vraie nature quand elle est dépouillée de ses scories.

 

          Nous sommes sans cesse sollicités par les exigences de notre petit moi qui en fait est le véritable ennemi de l’amour et, partant, de Dieu. C’est ce qui explique sans doute nos fantaisies si chères à nos yeux, notre goût de l’artificiel, du passager, nos illusions de toutes sortes qui nous tiennent lieu de liberté.  Et, pourtant, que de peines, de déceptions, d’inquiétudes dans ces chemins des désirs personnels où nous nous affrontons les uns les autres: pouvoirs, reconnaissance, valorisation, vanités, volonté de puissance, poursuite des biens matériels, autant de voies sans issues que l’humanité ne cesse d’explorer dans un vain espoir de satisfaire une soif d’absolu que seul Dieu peut combler.  Nous aurons beau cultiver toutes les libertés nous ne pourrons jamais changer notre nature profonde, notre besoin d’un Amour  au- delà du transitoire.  On ne peut se tromper soi-même indéfiniment.

 

          Nous ne sommes pas faits pour le passager et l’éphémère.  Au plus  profond de nous-mêmes, nous avons un goût de l’Éternel. Les mondes que nous construisons nous laissent toujours sur notre appétit.  Les plus grandes civilisations qui nous ont précédés, celle de l’Égypte, celles de l’Europe, celles du nouveau monde, du Mexique et de l’Amérique du Sud le confirment.  Maintenant, la science, en dépit de ses prétentions, ne répond pas à nos attentes et ne satisfait pas les espoirs qu’elle a fait naître. 

 

          Nous avons misé sur le monde et nous avons été déçus.  Il faudrait enfin miser sur Dieu franchement, sans arrière-pensée, avec toute la sincérité dont nous sommes capables.  Au cours de l’histoire un grand nombre a fait ce choix et ils ont connu une Paix durable, même au milieu des difficultés.  Nous ne pouvons ignorer la multitude des témoins de l’Absolu qui ont marqué l’histoire, ceux tout au moins dont on a retenu les noms et leur contribution. Au-delà des siècles, ils ne cessent de se rappeler à notre mémoire. 

 

          Certes, personne ne peut échapper aux difficultés des l’expérience humaine qui sont autant de défis qui nous invitent à nous surpasser, à aller au bout de nous-mêmes, où l’on rencontre l’Essentiel, sans quoi la vie n’a pas de sens.   Les saints,  les athlètes, les alpinistes et bien d’autres épris de perfection en savent quelque chose. 

         

          Sur le plan strictement de l’épanouissement personnel peut-être est-il à propos de rappeler les paroles de Jésus rapportées par l’Apôtre Jean: «En ce monde, vous faites l’expérience de l’adversité, mais soyez pleins d’assurance, j’ai vaincu le monde»  (Jean, 16, 33)  Il ajoute: «Je prie pour eux, je ne prie pas pour le monde, mais pour ceux que tu m’as donnés: ils sont à toi, et tout ce qui est à moi est à toi comme tout ce qui est à toi est à moi, et j’ai été glorifié en eux.» (Jean, 17, 9)

 

                De toute évidence, de tels propos ne sont compréhensibles que sur le plan de l’Amour dont Jésus est le témoin par excellence. Mais que faut-il penser du silence apparent de Dieu dans notre monde? Auparavant, sommes-nous justifiés de parler du silence de Dieu? Ne serait-il pas plus approprié de parler de notre éloignement et de notre aveuglément?

 

  

Présence de Dieu

 

Il peut paraître naïf de parler de la présence de Dieu dans le monde devant autant de signes de son absence apparente.  La violence règne partout; les nations sont divisées; la vie n’est pas respectée; bien des chrétiens ont apostasié et un grand nombre ne pratique plus. Ils ne viennent à l’église que pour les funérailles, sans grande conviction, pour satisfaire à la tradition ou pour socialiser. A bien des égards, la religion semble dépassée, un vestige d’un autre âge. Dieu a été évincé des écoles et de la vie publique. Les médias renvoient l’image d’un monde de consommation, de jouissances de toutes sortes, de scandales, de légèreté, de rêves faciles, de licences, de vulgarités. Au nom de la liberté d’expression, on s’amuse à provoquer, à salir. Plus rien n’est sacré; tout est permis.

 

 Dans un tel contexte, certains en sont venus à  penser que ce n’est qu’une question de temps avant qu’on sonne le glas.  L’on pourrait croire que Celui qu’on disait le Créateur, le Maître du monde, a abandonné.

 

          Pourtant, on trouve une minorité de vrais croyants qui en l’absence de supports extérieurs, isolés, marginalisés, continuent de croire et de prier.  On les trouve sur tous les fronts où la pauvreté et les injustices règnent, souvent aidés par ceux qui prétendent ne plus croire en Dieu, mais qui vivent à leur façon selon les exigences de la charité et de l’amour.  Ce sont autant de petites flammes qui brillent modestement mais qui témoignent de la survie de valeurs durables dans le désert et la noirceur d’aujourd’hui.  Ce sont peut-être eux qui empêchent le monde de crouler et qui préparent des lendemains plus rayonnants, insoupçonnés.  D’ailleurs, l’ampleur qu’a prise le bénévolat sous toutes ses formes et qui tire ses racines des valeurs chrétiennes constitue un frein à l’individualisme et au rationalisme dominants.

 

          Si la présence de Dieu se fait sentir la plupart du temps, sans bruit, à l’intérieur des âmes, elle se révèle aussi de façon éclatante depuis le début du siècle dernier et encore aujourd’hui par les nombreuses apparitions de la Vierge Marie, et celles de Jésus.

 

          Dans les temps anciens, en dépit des règles transmises par le prophète Moïse, Dieu a suscité à toutes les époques des prophètes, surtout dans les périodes où son peuple s’était éloigné de Lui.  Aujourd’hui, il est manifeste que nous nous sommes éloignés de Lui.  Jésus a répété à certains témoins: «Vous m’avez oublié» 

Qui peut prétendre le contraire? 

 

 

L’Homme appelé par Dieu.

 

          «Toute la vie chrétienne est fondée sur cette possibilité, mieux, sur cette réalité d’un appel.  Il n’y a pas seulement le premier et le fondamental appel de la foi, il y a ceux, quotidiens, au service, à la prière, au sacrifice, bref, à tout cet ordinaire qui est tout autre chose et même le contraire de l’habitude, puisque c’est une sollicitation toujours nouvelle et imprévue de notre liberté de réponse.  Le saint est quelqu’un de disponible, il attend des ordres.  On ne coupe pas la parole à Dieu.

 

          Cette possibilité d’entendre un appel et d’y répondre s’actualise au suprême degré dans la conversion.  L’homme est capable de devenir autre qu’il n’est, de donner une autre direction, un autre sens à sa vie.  C’est à quoi l’invite le premier mot de l’Évangile, dans lequel nos récits résument la prédication de Jean-Baptiste et celle de Jésus: Convertissez-vous et croyez à la bonne nouvelle.  C’est sans doute pour cela que Jésus reconnaît une espèce de primauté au pécheur: c’est toujours au vide et au manque qu’il s’adresse; c’est seulement le pauvre qu’il veut enrichir.  Mais, au fond, c’est le seul qui puisse être enrichi, car ce ne sont pas les bien- portants qui ont besoin de médecin, mais les malades.  Après avoir cité ce texte, Luther évoquait celui de Luc, et il écrivait, en 1515-1516:

 

          «Seule est cherchée la brebis qui avait péri, seul est libéré le captif, le pauvre seul est enrichi, l’infirme seul est fortifié, l’humilié seul est exalté, n’est rempli que ce qui est vide, construit que ce qui ne l’était pas.»

         

          C’est le sentiment de cette situation en quelque sorte privilégiée du pécheur qui portait saint Ambroise à privilégier également l’appel qui lui est adressé.

 

          «Le Seigneur appela l’homme et lui dit: où es-tu? Le juste qui voit le Seigneur et qui vit en sa compagnie ne doit ni se cacher de sa présence ni être appelé par lui, car il est toujours avec lui. Mais le pécheur qui se dérobe à sa voix et qui se cache dans le bosquet du paradis, celui-là Dieu l’appelle: Adam, où es-tu? Car il se cache, il a honte.  Mais du fait que Dieu l’appelle, c’est déjà un indice qu’il pourra guérir de son péché, car Dieu appelle ceux dont il a pitié.»

 

(Yves Congar)

 

 

Prière

 

Tu es patient avec nous:

Encore et toujours

Tu nous donnes ta confiance.

Et la violence n’est jamais ta réponse

À notre mauvais vouloir.

Tu es la force qui s’appelle l’amour

Et nous invite à la liberté.

Tu es Dieu.

 

Amen!

 

 

 

Une nouvelle Ère

 

L'avènement du Royaume de la Volonté Divine

 

 

Le monde où nous vivons

 

 

          Le monde où nous vivons nous déçoit de plus en plus.  Nous savons qu'il ne peut nous apporter le bonheur.  Nous ne  le rejetons pas pour autant.  Comment pourrions-nous? Mais souvent nous avons l'impression  d'y être comme un corps étranger.  On éprouve le besoin de le regarder d'un oeil critique, de ne pas se laisser prendre par lui, à défaut de pouvoir s'y soustraire.  Comment ne pas sentir profondément qu'il est contraire à ce qu'il y a de plus fondamental en nous? Le Seigneur n'a-t-il pas dit: "Soyez dans le monde mais non du monde."

 

          On a  l'impression d'un navire qui dérive sans gouvernail sur une mer orageuse, sans pouvoir s'arrêter. On se sent solidaire des autres passagers même si on ne  partage plus les intérêts de la plupart.  On voudrait les prévenir que le navire suit une direction dangereuse, que nous sommes à la merci des tempêtes et des récifs, de bien d'autres dangers.  Mais qui pourrait nous croire? Qui pourrait croire ceux qui crient dans ce désert? Depuis des siècles des avertissements nous sont donnés par le Seigneur Jésus et des signes viennent de plus les confirmer.  Mais les dirigeants des institutions publiques ou religieuses, prisonniers de leur rationalisme,  ne les voient pas.  Pour ce qui est de la majorité des hommes, n'ont-ils pas toujours suivi à toutes les époques les modes et les courants dominants, écouté les leaders en place soucieux de leur dire ce qu'ils veulent entendre.

 

 Comme autrefois, dans les temps qui ont précédé la venue de Jésus, on n'écoute  pas les prophètes qui font entendre leur voix discordantes, qui multiplient les mises en garde. On les persécute même.  C'est une constante chez la nature humaine.  Il est vrai que le Seigneur a l'étrange habitude de choisir comme prophètes des femmes et des hommes simples, qui n'ont rien a priori pour impressionner.  Selon les critères de nos sociétés, ces personnes ont peu de crédibilité malgré la sainteté de leur vie, leur humilité indéniable et leur fidélité à l'enseignement de Jésus, tel que nous le rapportent les Évangiles.  Leur rôle, presque toujours, consiste à nous rappeler les vérités déjà enseignées mais que nous avons oubliées.  Il semble que nous n'aimons pas entendre ces vérités qui dérangent.  Ils suscitent toujours de violentes oppositions et sont discrédités. Puis, il y a toujours les faux prophètes qui viennent brouiller les cartes.  C'est surtout ceux-là qu'on a tendance à croire. Et ils sont nombreux aujourd'hui.  On les reconnaît à leurs fruits a dit Jésus.

 

Il est étrange de constater comment fonctionne cette formidable machine que constitue le monde où nous vivons.  Toutes ces activités multiples qui se déroulent sur la planète, toute cette énergie dépensée parfois en pure perte ou pour des motifs incompréhensibles à ceux qui n'y participent pas.  Le jeu des traditions, des besoins, des préférences, des intérêts, des passions, des ambitions, des rivalités, des façons de passer le temps pour oublier notre vulnérabilité et l'inéluctable. La mort, cette échéance à laquelle on ne veut pas penser.   Besoin de se prouver, de prouver aux autres que l'on compte, parfois au détriment des autres... Le mystère de cette vie qui nous habite et que peut cherchent à pénétrer, de peur peut-être d'être envahis par l'angoisse, d'une sorte de vertige.  Si tout cela n'avait pas de sens? Si nous-mêmes nous n'avions pas de sens?

 

On ne cesse pas de regarder ces folles cavalcades avec le souci de ne pas se laisser prendre. Ces foules entraînées dans toutes sortes de mouvements: des conflits, des guerres, des conquêtes, des festivités, des rappels, des soulèvements, des protestations, des réunions de toutes sortes, des ambitions, des passions, des rêves. Cette exaltation de la plupart au milieu d'une foule.  Le sentiment de faire partie d'une force irrésistible, d'être  plus qu'un individu.  L'exploitation qu'en fait les leaders de tous acabits que l'on dit charismatiques, parfois futurs dictateurs ou tyrans que l'on suit aveuglément dans leurs déviances et leurs excès, que l'on adule.  Le besoin de s'identifier à des idoles, héros du sport, célébrités, chefs politiques que l'on envie, et vivre leur vie par procuration.  Illusions entretenues qui tiennent lieu de bonheur, par lesquelles on essaie d'échapper à ses propres limites, au quotidien souvent morne.  Et, fait plus troublant encore: cette partie considérable de l'humanité dont tous les efforts sont consacrés chaque jour à survivre, souvent pour mourir prématurément de faim ou de maladie, dans ces pays dits défavorisés mais plutôt exploités.

 

Les grands projets des scientifiques qui font avancer l'humanité.  Les découvertes qui viennent mettre fin à des maux, à des souffrances millénaires, qui transforment les modes de vie et donnent plus de liberté aux hommes.  Tous ces aspects positifs des activités humaines qui ne profitent pas à tous.  Mais aussi les dérives qui se présentent et qui viennent mettre en péril les valeurs civilisatrices.  Ces déploiements de talents extrêmement riches qui viennent de Dieu mais qui paradoxalement servent à se passer de Dieu. Comment se reconnaître dans tous ces changements, ces bouleversements? Combien d'entre nous se sentent perdus à travers ces courants divers qui nous entraînent on ne sait où et que rien ne paraît pouvoir endiguer. 

 

Mais la plupart se laissent porter, n'ont pas la tentation de résister ou d'exercer un esprit critique.  On se réconcilie vite avec les nouveaux crédos, les modes populaires dans la mesure où elles répondent à nos désirs, nous donnent le sentiment d'une plus grande liberté.  Liberté, voilà le mot clé, le moteur de notre époque, la recherche éperdue au-delà de toutes contraintes, perçue comme un progrès que rien ne saurait arrêter, quels que soient les risques et le prix à payer auquel on ne veut pas penser.  Liberté de se livrer à nos passions les plus dangereuses pour nous-mêmes et les autres; liberté de poursuivre les ambitions et les rêves les plus fous; liberté d'exploiter les ressources de la planète et ses habitants, etc.  Mais, fait ironique, dans l'effort pour éviter les contraintes traditionnelles, on s'est imposé de plus grandes contraintes. Le monde où nous vivons accorde tous les droits et n'impose aucun devoir à tous.  C'est la recette qui devait nous apporter le bonheur loin de Dieu.

 

Le divorce généralisé qui a entraîné la dislocation de la famille, cellule de la société, a compliqué les relations personnelles d'une façon inouïe, rendu les enfants ballottés de tous côtés et malheureux. La banalisation de l'avortement, les pratiques sexuelles les plus diverses, même contre nature, encouragées et le cortège des maladies qu'elles ont apportées ont entraîné des coûts énormes pour la société.  Mais il est devenu difficile de les remettre en question sans être taxé de moralisateur. Au nom d'un laxisme qui tient lieu de liberté, on s'interdit d'ouvrir les yeux et de reconnaître l'évidence. Dans cette confusion totale, on cherche un dérivatif dans les drogues de toutes sortes qui sont devenues l'un des commerces les plus florissants à l'échelle de la planète, que l'on n'arrive plus à contenir encore moins à arrêter.  Et, derrière tout cela, il y l'argent, le dieu Mammon qui règne plus que jamais.  

 

Même la science à laquelle on doit tant de progrès dans bien des domaines, notamment en médecine, est en train de se fourvoyer par ses recherches de plus en plus poussées sur les embryons et qui, sous toutes sortes de prétextes, tente les expériences les plus audacieuses sans se soucier des exigences de l'éthique.  Elle s'est déjà trompée au niveau de l'environnement par une exploitation effrénée et l'utilisation de produits dangereux développés en vue d'avantages immédiats et économiques sans considérer les dommages à long terme irréparables.

 

Il s'est constitué au niveau de la planète une sorte de course à l'exploitation de toutes les richesses naturelles, course dominée par les pays dits développés, qui maintiennent dans la pauvreté la majorité des populations.  Ce déséquilibre a pour conséquence la mort prématurée de millions d'individus dans les pays défavorisés dont on exploite les ressources naturelles au détriment des habitants, avec la complicité de leurs dirigeants corrompus qui investissent dans les armes pour consolider leur pouvoir au lieu de satisfaire les besoins de leur population.   

 

En résumé, et, sans exagérer, l'on peut dire, en dépit de nos prétentions et de notre arrogance, que notre gestion des ressources humaines et naturelles de la terre est une faillite considérable, que notre mentalité, le mercantilisme, la cupidité et le matérialisme, l'obsessions des intérêts immédiats ne donnent aucun espoir de corriger dans un avenir prochain.  La politique étant asservie aux gros intérêts qui se partagent la planète.

 

Ce qui se passe et notre entêtement à continuer sur notre lancée nous éclaire sur les tendances de notre nature humaine.  Le 20 ième siècle avec les nombreuses découvertes technologiques, la radio, le téléphone, le cinéma, l'automobile, la télévision, et, plus récemment, l'informatique et le développement des communications, a  exacerbé le goût de toutes les libertés et entretenu l'espoir d'un monde meilleur   L'individualisme comme style de vie est son corollaire.  Les médias et surtout le cinéma distillent chaque jour cette philosophie qui est présentée comme un progrès incontestable pour l'humanité.  La recherche de tous les plaisirs, la satisfaction des passions, des intérêts, des ambitions légitimes ou non, voilà ce qui est primordial.  Et, pourtant, les suicides se multiplient, la violence règne et on cherche le bonheur dans les drogues.  Comment avons-nous pu dériver à ce point, nous engouffrer dans autant de culs-de-sac?  Quelle confusion!

 

          Les époques où la morale et la religion influençaient le comportement des individus, leur rappelaient ce qui est bien et ce qui est mal, sont perçues comme des années de grande noirceur, d'ignorance et d'étouffement des libertés.  On y réfère constamment pour faire le procès de ceux qui détenaient alors l'autorité, avec une sorte de rancoeur, et, souvent, pour les ridiculiser.  Les humoristes en font leurs sujets favoris et le public rigole, satisfait d'avoir dépassé ce qui leur semble maintenant des naïvetés d'un autre âge.  Ce qu'on abhorre à l'extrême c'est toute forme de censure, de retenue.  Au nom de l'art, de la tolérance et de l'ouverture d'esprit, on se permet tous les excès: vulgarités, mépris, négativisme, violences, démonstration de toutes les déviances sexuelles.  On cherche à provoquer et ce qui amuse le plus c'est de salir ce qui est sacré: en particulier ce qui a rapport à la religion, même Dieu ou Jésus-Christ.  Ceux qui protestent sont rabroués et classés comme réactionnaires, voire intégristes ou dinausores et autres épithètes semblables.  Ironiquement, ceux qui ont des tribunes dans les médias et qui influencent l'opinion, fustigent encore ceux qui censuraient autrefois, se permettant de censurer discrètement ceux qui protestent contre les idées qui ont cours en leur refusant le droit de parole et en étouffant leurs interventions.  A leur tour, ils abusent de leur pouvoir et ces grands champions des libertés briment impunément la liberté de ceux qui ne sont pas d'accord.

 

          Voilà donc où nous a mené cette recherche de toutes les libertés.  Dans un tel conteste, comment rappeler le moindrement les valeurs fondamentales, le respect de soi-même et des autres, la simple décence ou la dignité? Personne n'écoute ou veut entendre.  Et vogue la galère! Vive le progrès? Qui peut être contre le "progrès" ou ce que l'on définit maintenant comme progrès? C'est à n'y rien comprendre. Qu'est devenue notre intelligence?

 

 

Une Nouvelle Ère est-elle possible?

 

 Dans un tel contexte, comment croire à l'avènement d'une Nouvelle Ère? Elle ne peut venir que de Dieu.  Mais notre monde a depuis longtemps relégué Dieu aux oubliettes.  Même les chrétiens, en dépit du témoignage de Jésus qui leur  a été rappelé autant comme autant, ont suivi le courant, trop contents de se libérer de ses exigences contraignantes.  Dans bien des milieux qui se veulent progressistes, nous sommes des produits du hasard et de l'évolution.  Nos ancêtres sont les singes et les préhominiens. On ne peut expliquer comment l'homme a pu apparaître à la suite de nombreuses mutations.  Mais il faut accepter ce que la Science nous dit car c'est elle qui a remplacé Dieu. Même si elle ne peut  expliquer l'origine de la vie, comment elle a pu naître, elle se satisfait de décrire ou d'établir des hypothèses quant aux différentes étapes que la vie a traversées au cours des âges.

 

Tout se passe comme si le Seigneur Jésus n'était jamais venu.  On banalise Son Témoignage quand on ne l'ignore pas.  Avec l'aide des théologiens, on a mis en doute une bonne part des faits de Sa Vie ici-bas sous prétexte de recherche scientifique et le décalage dans le temps entre les témoins du début et les écrits qui nous sont parvenus.   On a réduit le personnage historique au simple niveau d'un fondateur de religion comme bien d'autres.  A telle enseigne que Sa Divinité est pour un grand nombre discutable, peu crédible.  Les philosophes des siècles derniers ont donc, en apparence, réussit leur travail de sape, et nous pouvons en juger aujourd'hui.  Tout cela pour donner à l'homme une nouvelle "dignité", selon les objectifs de l'humanisme athée et son représentant le plus connu, Auguste Comte Quelle tristesse!

 

Dans cette opération, le rationalisme et l'esprit libertaire ont joué un rôle capital que le matérialisme a achevé en quelque sorte grâce au progrès de la science et de la technologie.  Aujourd'hui, l'on peut dire que la science, en dépit de ses limites évidentes  et de ses ratées, a remplacé Dieu.  Et, fait ironique, on lui pardonne toutes ses erreurs alors que l'on ne cesse de rappeler celles de l'Église du temps de son influence.  L'Église en tant qu'institution qui n'a jamais été à l'abri des erreurs humaines, en dépit de sa Vocation Divine, ce qui explique qu'Elle ait survécu à travers les âges, s'est faite très discrète depuis près de cinquante ans, mais Elle reste un phare au moins par son Chef qui continue de rappeler l'essentiel de l'enseignement de Jésus fondé sur l'Amour, le respect de la vie et la Justice.  Ce  Chef que l'on dit trop conservateur, peu conscient des réalités d'aujourd'hui, dépassé.  Malgré la timidité sinon le silence de nombre de  ses dirigeants, l'Église continue de déranger par sa présence alors que bien de ceux qui étaient chrétiens se sont laissés convaincre pour des raisons dites "scientifiques" que ses jours sont comptés.  On appelle sa mort pour confirmer que l'on a eu raison de la quitter et pour effacer un relent de culpabilité qui monte parfois en dépit de tout ce que l'on répète autour de nous, dernière trace de l'éducation reçue et maintenant honnie.

 

 

Les signes

 

Pourtant, il se passe des choses depuis de nombreuses années que des croyants sincères s'efforcent de ne pas voir au nom d'une sainte prudence et par peur d'être dupés ou de succomber à des illusions.  Comment reconnaître les signes authentiques dans notre siècle de confusion? Qui croire parmi tous ces prophètes? Qui peut encore nous sauver dans notre impuissance ? Dieu peut-il vraiment intervenir comme il le faisait autrefois? Des voix officielles  ne le croient pas.  Comme si même ceux qui croient encore à Dieu Lui interdisaient d'intervenir dans cette débandade qui atteint maintenant son paroxysme.  Comme si Dieu avait besoin de l'autorisation des théologiens pour intervenir, pour sauver ce qui reste à sauver.  Dieu n'aurait-il pas le souci de sauver Son Église, Lui qui a dit: "Pierre, tu es pierre et sur cette pierre je bâtirai mon Église et les portes de l'enfer ne prévaudront pas contre Elle." Le refus du monde et la trahison des chrétiens peuvent-ils encore sonner le glas de l'Église? Le Seigneur n'a-t-il pas dit aussi: "Le monde passera mais Mes Paroles ne passeront pas."

 

Certes Dieu respecte notre liberté mais Il nous aime trop, en dépit de toutes nos folies, de nos refus, de nos trahisons, pour nous laisser aller à notre perte.  Qui peut nier que nous soyons au bord de l'abîme?  A plusieurs reprises, dans les dernières années de la guerre froide, nous avons frôlé une destruction nucléaire de la planète.  Et maintenant nous assistons à une détérioration progressive et qui s'accélère de toutes les formes de vie qui nous soutiennent.   Mais, obsédés par nos intérêts immédiats, nous n'arrivons pas à réagir et à nous entendre sur les mesures à prendre.  Que nous faut-il de plus pour reconnaître nos limites, que nous avons besoin de nous référer à une puissance supérieure, de rappeler ce Dieu que nous avons rejeté par orgueil, notre Dieu, Celui dont nous sommes les enfants?  Qu'avons-nous à perdre dans notre situation? Pouvons-nous encore attendre que notre monde s'écroule? Peut-être que demain sera trop tard? 

 

          De plus, avons-nous oublié que dans la prière du Notre Père que Jésus a enseignée Il nous fait demander: "Que Ton Règne vienne sur la terre comme au Ciel." Depuis des siècles des millions de Chrétiens ont réitéré cette demande et nous-mêmes nous la répétons chaque jour.  Mais dans quel esprit? Croyons-nous vraiment que Son Règne doit venir? Est-il possible que Son Règne doive venir dans les temps que nous traversons? Dans sa Révélation sur la Volonté Divine à Luisa Piccarreta, Jésus nous annonce que ce Règne doit venir prochainement.  

 

Il nous est difficile même à nous croyants d'imaginer un tel renversement.  Autour de nous, les hommes s'appliquent tellement à gérer le monde sans tenir compte de Dieu, même s'ils le font mal et sont sur de nombreux points dépassés.  On continue d'évaluer tous les facteurs qui influencent l'évolution telle qu'on la conçoit, à supputer les progrès dans les différents domaines, économiques, politiques, culturels, scientifiques et autres.  Et tout se passe ainsi depuis des temps immémoriaux. Comment croire que Dieu puisse se soucier d'intervenir? Même dans les milieux religieux, on est persuadé que Dieu s'Il se permettait autrefois d'intervenir lorsqu'Il guidait son peuple sur le plan spirituel et lui enseignait ses Lois, lui envoyait des prophètes pour le ramener sur le droit chemin, cela n'entre plus dans Ses Plans.  En dépit des dérapages d'aujourd'hui et du tragique de la situation, nous devons compter sur sa Parole, les Sacrements, la prière et le témoignage des Saints. Nous avons surtout avec l'aide de l'Esprit Saint tous les moyens de nous en sortir. Le fait éloquent que nous n'avons pas été capables de faire fructifier les nombreuses grâces qui nous ont été données, ne semblent pas justifier d'autres mesures de la part de Dieu.  Même les nombreuses apparitions de la Vierge pour nous rappeler à Dieu, nous inciter à la prière que nous avons abandonnée, pour un grand nombre d'entre nous, ne semblent pas des signes.        

 

Notre monde et le Règne de Dieu

 

Si nous acceptons le fait que les nombreux signes qui nous ont été donnés depuis plus d'un siècle sont une préparation à une éventuelle intervention de Dieu devant notre refus de répondre à ses avertissements à nous amender et à revenir à Lui, que faut-il prévoir?  D'un point de vue humain, le Règne de Dieu qui suppose l'achèvement de la Volonté Divine dans chaque être humain et dans le monde est difficile à imaginer puisqu'il implique un renversement complet de l'ordre des choses tel que nous le concevons.  En effet, notre monde est conçu sur la valorisation du petit moi qui paraît légitime. C'est le moteur de toutes les activités sur la  planète.  La philosophie préconisée nous fait croire que notre épanouissement personnel et, partant, notre bonheur en dépendent.  Cette conception qui entraîne l'esprit de compétition, des rivalités, les ambitions personnelles, la recherche du pouvoir, les inégalités, l'exploitation, la domination des uns sur les autres, etc., est la source de tous les problèmes du monde et notre impuissance à trouver le bonheur.  Elle nous engage sur des voies sans issues, où nous ne trouvons que des satisfactions passagères sans jamais être comblés.  Toutes ces choses que nous poursuivons même quand elles paraissent légitimes ne peuvent combler cette soif insatiable qui dort au fond de nous, ce besoin d'absolu que la philosophie officielle tend à ignorer, de crainte à devoir reconnaître notre véritable nature qui est plus qu'humaine.  La reconnaître, ce serait cesser de nous cramponner à notre petite volonté, source de tous nos malheurs.  Sur ce point, notre entêtement a quelque chose de pathétique.  

 

Quand on récapitule l'histoire de l'humanité et que l'on constate que depuis des siècles nous n'avons pas cessé de répéter les mêmes erreurs: luttes, rivalités, guerres, destructions, exploitations, famines, mauvaise gestion des ressources de la planète, irrespect des autres, convoitises, jalousies, vengeances, etc.  Normalement, on s'attendrait de la part d'une race intelligente qu'elle apprenne de ses erreurs.  Mais, nous, nous n'avons jamais appris au cours des siècles.  Même dans notre siècle, où nous nous targuons de tant de progrès dans tous les domaines, nous n'avons pas réussi à éliminer les guerres et les conflits d'intérêts.  En dépit de la multiplication des conférences entre les nations pour arriver à policer la planète, à enrayer la destruction de l'environnement, les inégalités sociales, nous n'arrivons pas à nous entendre ou à trouver des solutions qui fassent l'unanimité.  Nous nous heurtons aux égoïsmes de groupes, à la puissance des multinationales.  Et les situations continuent de se détériorer devant notre impuissance.

 

Un des rouages les plus importants sinon le plus essentiel de notre monde qui est lié à notre petit moi est l'argent.  Ce sont deux inséparables. Il est difficile de concevoir l'un sans l'autre.  L'argent est le moyen privilégié de notre petit moi, son appui indispensable dans ses ambitions, sa réalisation.   Depuis que l'argent a remplacé le troc des sociétés primitives, il est devenu le nerf de la paix et de la guerre.  Tout fonctionne en fonction de l'argent.  L'économie des pays, des institutions, des familles repose sur l'argent. Toute l'histoire de l'humanité en a été marquée.  Dès que les sociétés ont pris de l'envergure, que les civilisations sont apparues, l'argent a joué un rôle prépondérant. Et depuis nous n'avons pas cessé de courir  après l'argent, individuellement et collectivement.  Il est la source et souvent la solution de tous nos problèmes.  C'est d'une certaine façon le dieu de la plupart des humains.  Il occupe une bonne part des pensées de tous.  La plus éloquente illustration de l'importance qu'il prend aux yeux de la majorité est la vogue des loteries de toutes sortes où on engloutit des milliards chaque année dans l'espoir qu'il apporte le "bonheur."  L'on pourrait écrire des livres sur le rôle de l'argent dans nos sociétés.  Et un grand nombre a été écrit au point que l'on ne pourrait les compter.

 

Cette constatation évidente étant faite, comment peut-on concevoir un monde où l'argent ne serait pas le rouage essentiel? Pourtant, l'achèvement du Royaume de la Volonté Divine exclut tout à fait l'argent qui est une invention on ne peut plus humaine.  D'une certaine façon il y a une incompatibilité profonde entre l'argent et l'amour qui doit être le moteur de toutes les activités et l'inspiration des esprits dans la Nouvelle Ère promise et tant attendue.  Nous sommes tellement marqués par ce monde de l'argent qu'il nous paraît impossible d'imaginer ce que sera la vie sur cette planète quand elle sera sous la gouverne de la Volonté Divine venue nous affranchir, remplacer la domination de nos petites volontés.

 

Que restera-t-il de notre monde tel que nous le connaissons? Comme ce monde a été érigé pour satisfaire notre orgueil et par la volonté de se passer de Dieu, il est profondément incompatible avec la Volonté Divine.  Pour que le Royaume de la Volonté Divine arrive, notre monde doit disparaître. C'est inévitable! Alors, quand il disparaîtra, quel bouleversement! Mais pour un plus grand bien, pour un bonheur durable. Dans la mesure où nous nous serons identifiés avec tout ce que notre monde représente, que nous lui serons attachés, le réveil sera terrible.  Ce qui constitue la réalité et la sécurité (la fausse sécurité) de la plupart s'écroulera dans un renversement qui dépasse notre imagination.  C'est là que l'abandon, l'abandon à Sa Volonté,  auquel Dieu nous invite depuis toujours, prendra tout son sens.  Raison de plus pour répondre à l'appel et laisser Jésus nous libérer de toutes nos attaches en Lui donnant notre petite volonté.  Nous n'avons rien à perdre et tout à gagner.  Comme il l'a dit à Luisa Piccarreta, il s'agit pour nous de quitter nos haillons pour revêtir des vêtements royaux que Dieu a préparé pour nous et qui nous attendent depuis des temps immémoriaux.  Mais il est difficile de croire que ce renversement puisse se produire sans des mesures spéciales de la part de Dieu.  Nous sommes encrés dans nos habitudes et nous sommes peu disposés à changer en dépit de tous les avertissements.  Nous sommes comme des ivrognes qui ne s'amendent pas tant qu'ils n'ont pas touché le fond du  gouffre.

 

R C. 

 

 

 

Lettre à Jésus ( juin 2003 )

 

          Il y a longtemps que je voulais T’écrire. Il me venait des idées mais je ne me sentais pas prêt. Seigneur Jésus, depuis toujours je me suis intéressé à Toi. Tu m’as toujours intrigué. Plus j’essayais de Te comprendre plus Tu m’échappais. Je ne comprendrai jamais ton mystère. Comment le pourrais-je puisque mon propre mystère m’échappe.

 

          Je sais que Tu m’aimes car Tu m’en as donné tant de preuves. Moi aussi je T’aime. Mais mon pauvre amour est marqué par une sorte d’impuissance dont j’ai pleinement conscience. Je suis impliqué dans  l’aventure humaine sans trop savoir pourquoi, si je m’en tiens strictement à ce que je sais, à ce qui vient de moi-même. Mais Tu m’as tout expliqué et Tu continues de m’initier à mon propre mystère qui n’a pas de sens en dehors de Toi. 

 

          Les hommes, depuis des temps immémoriaux ne cessent pas de discourir sur le sens de l’expérience humaine. Mais, au fond, il n’y a qu’une explication et elle vient de Toi. Tu ne cesses pas de nous le rappeler mais nous nous entêtons à ne pas comprendre. Tout se ramène à l’Amour. C’est la seule explication qui tienne.

 

          Ce qui me chagrine depuis quelque temps surtout ce sont ces compatriotes autour de moi, souvent parmi ceux qui ont acquis une notoriété, des gens qui ont été élevés dans des familles catholiques et qui ont été baptisés, de les voir s’afficher comme des athées et même à  la veille de leur mort.  Quelle tristesse! Ils ont été des leaders.  Ils pourraient se montrer plus prudents et soucieux de leur influence sur les gens.  Qu’ils ne croient pas, c’est leur choix mais ils ont été entourés de gens qui croient, ils ont entendu parler de Dieu, comment peuvent-ils nier avec une telle assurance, aller jusqu’à se faire les ennemis de Dieu et cela au seuil de la mort? Ainsi se comporte la nature humaine.  Je crois qu’il n’y a qu’une explication : l’orgueil. Dans ton amour, ton désir que tous soient sauvés, Tu leur donnes une dernière  chance.  Mais jusqu’où peut aller leur entêtement? Que sert à l’homme d’avoir eu du succès dans la vie, d’avoir été influent si c’est pour rater l’Essentiel?

 

          Je viens d’apprendre de mon oncologue que je suis parfaitement guéri de mon cancer. Ils ont vérifié avec de nombreux scanners dont plusieurs en médecine nucléaire, pris des dizaines de photos de tout mon corps avant d’arriver à cette conclusion. J’ai pris très peu de traitements de chimio, à peine deux et demi, qui m’ont rendu très faible et on manqué de me faire mourir.  Je sais que tous ceux qui ont prié pour moi et ils sont très nombreux ont joué un rôle capital dans cette guérison presque inespérée à certains moments. C’était merveilleux de voir le déploiement de foi chez mes amis. Je suis sûr que Tu as été sensible à toutes ces demandes de tes amis. Comment te remercierais-je jamais pour toutes ces grâces que tu m’as accordées pendant ces six mois d’épreuves, de doutes, d’angoisse? Tu nous fais passer par des chemins difficiles, qui font peur, mais au moment que Tu as choisi, quand nous sommes menacés de perdre espoir, Tu nous rescapes, mine de rien. Tu es vraiment le Maître de la vie. Gloire à Toi Seigneur?

 

          Je ne sais pas pourquoi Tu m’as guéri. Je présume que je peux encore Te servir sur cette terre. Je découvrirai peu à peu ce que tu attends de moi. Une chose est certaine c’est que je n’ai aucune ambition personnelle ni objectif particulier à poursuivre. Je Te demande de m’éclairer quand Tu  jugeras le moment venu.

 

          Entre temps, j’attends ta venue avec impatience quand je vois la société et le monde se détériorer sur la planète. Il est difficile de vivre dans un monde auquel on se sent de plus en plus étranger, où très peu vous intéresse. Certes, il y a ma famille avec laquelle je suis lié et dont je suis responsable. Ma principale préoccupation c’est qu’elle soit sauvée.

 

          J’apprécie et te remercie de m’avoir guéri du cancer. Mais mon état de santé reste faible. Il y a surtout mon asthme qui s’est aggravé pendant que je luttais contre le cancer. Auparavant, à l’automne plus précisément, c’était, selon l’évaluation d’un pneumologue, un asthme léger. Maintenant, je dois subir de fréquentes quintes de toux qui heureusement se font peu nombreuses certains jours. Il y a aussi que je mets du temps à refaire mes forces. Quoi qu’il en soit, je T’offre tout cela. Disposes-en à ton gré. N’est-ce pas Ta Volonté que nous Te confions tous nos problèmes? C’est une des conséquences du « oui » que nous T’avons donné. Je développe de plus en plus le réflexe de Te confier mes problèmes et ceux de ma famille à mesure qu’ils se présentent. Tu es considérablement plus efficace que les solutions que moi je pourrais chercher. Je n’ai qu’à suivre ton inspiration. C’est plus facile, et plus sûr quand on compte sur Ta Sagesse…Merci pour ton aide et gloire à Toi.

          Seigneur, la distance entre Ton enseignement et les priorités de notre monde, sa philosophie, est si grande qu’il faudra bien des miracles de Ta part pour combler le fossé qui les sépare.  Un monde matérialiste dont les critères sont le pouvoir, l’argent, le talent, tout ce qui représente le succès. Toi, Tu donnes priorités à tout ce que notre monde rejette : la petitesse, le manque d’envergure, d’intérêt du point de vue des autres, l’insignifiance en quelque sorte, ce que les Américains appellent « a nobody ».

 

          Une phrase dans le psaume 117 résume bien ce que Tu privilégies : la pierre qu’on rejetée les bâtisseurs est devenue la Pierre d’Angle. Pourtant, tous les talents dont nous nous flattons et qui sont reconnus par notre monde viennent de Toi. Mais ils contribuent à nous gonfler d’orgueil, source de tous les maux dans la Création. Voilà pourquoi Tu as senti le besoin de nous donner l’exemple de la  plus grande humilité et de l’obéissance en venant parmi nous, et en Te faisant le plus petit parmi les petits, Toi,  le Tout Puissant. Après des siècles de Christianisme, c’est une leçon que nous n’avons pas encore pleinement comprise.

 

          Tu nous dis, Seigneur, que Tu es plus intéressé par nos pauvretés et qu’il faut Te les offrir avant nos réalisations. Dans ta Toute Puissance et dans ton Amour Tu veux nous combler et, pour cela, nous devons reconnaître que nous avons besoin de Toi. 

 

          Nous revenons toujours à la loi de l’Amour. Tout s’articule autour de l’Amour. Tout s’explique par l’Amour. Ce qui est richesse pour le monde où nous vivons n’est que pauvreté pour Dieu, Maître et Auteur de tout. Puisque tout vient de Lui, Il est le seul à pouvoir placer tout en sa véritable perspective et à donner à chaque chose sa véritable valeur au-delà de nos définitions et de nos perceptions.

 

          L’aventure humaine dans sa dimension collective est si mal engagée qu’il y aurait de quoi désespérer mais nous savons que Tu n’abandonnes pas Ta création. Tu ne le peux pas. Et Ta vision du monde, du passé, du présent et de l’avenir est telle, qu’en dépit des apparences, tout reste sous ton contrôle et Tu es prêt à intervenir quand Tu le jugeras à propos dans Ta Sagesse.

 

                   Quant à nous, notre vision est si limitée que les temps que nous traversons sont lourds à supporter. Nous attendons Ton retour mais Tu tardes et nous ne pouvons qu’espérer. Parfois, nous choisissons de ne plus y penser tellement le moment est incertain, pour ne pas aviver notre impatience. Notre seule option est donc de prier, de vivre au jour le jour, et de suivre Tes conseils, ceux que Tu donnes par l’intermédiaire de Tes prophètes. Pendant ce temps, autour de nous, la majorité des gens continuent de poursuivre leurs activités comme si Tu n’existais pas, sans se préoccuper de la possibilité que le monde que les hommes ont construit puisse s’écrouler. On n’attache pas d’importance aux signes  qui nous sont donnés de sa fragilité : inondations, tremblements de terre, pollutions, etc.  Nous ne comprendrons que lorsque tout s’écroulera.  Qui écoute tes avertissements? Ceux qui sont proches de Toi.  Comme au temps de Noé. Qui pourra dire notre sentiment d’impuissance. Même nos proches ne sont pas prêts à nous écouter. Et Tes prêtres ne sont guère plus réceptifs. Certains, même des Évêques, persécutent Tes prophètes comme au temps de Ta venue sur la terre.

 

          Tu pourrais les forcer à ouvrir les yeux et à exercer leur discernement mais Tu respectes la liberté de tes créatures. Tu es d’une patience inexplicable. Tu acceptes que des pauvres humains, dont la mission est de Te faire connaître, de s’opposer à ton enseignement et de discréditer tes prophètes, d’ignorer tes demandes réitérées au cours des âges. Pourtant, la faillite de leurs propres enseignements s’étale devant leurs yeux, et l’Église, ton Église, continue d’agoniser et d’être ignorée par tes propres baptisés.

 

          Il n’y a que le « petit reste  » qui se débat dans ce désert de sceptiques entêtés, et qui espère Ta Venue. Quand viendras-Tu Seigneur? Il nous tarde de Te voir venir en pleine Gloire et de réveiller cette génération d’endormis. Mais Tu continues ton Oeuvre de Conversion au-delà des apparences car Tu veux sauver le plus grand nombre.

 

          Entre temps, dans ce combat décisif, ceux qui T’écoutent témoignent de Toi en espérant que Tu rendes leur témoignage efficace en dépit de l’incrédulité qui règne. 

 

          Laissés à nos seules ressources, nos témoignages n’auraient guère de valeur puisque qu’ils ne seraient que des témoignages humains. « Si le Seigneur ne bâtit la maison c’est en vain que les ouvriers oeuvrent. » C’est dans la Volonté Divine que nos témoignages tirent leur force car alors c’est toi, le Seigneur qui témoigne à travers nous. Comme Ta Volonté est partout et sans limite, nos témoignages rejoignent tous et tout, au-delà du temps. Tu nous as expliqué la puissance d’un acte fait dans la Volonté Divine. (Référer à la Révélation à Luisa Piccarreta où tout est dit à ce sujet.) La Volonté Divine, de l’aveu même du Seigneur est le grand Cadeau pour notre temps.

 

          Tu as voulu nous associer à la transformation du monde. Il y a peu de choses que Tu fasses sans nous. Pourtant, nous alourdissons le processus. Dans ton Plan Divin il faut que nous fassions notre part. C’est Ta Sagesse qui a prévu cela. Car en travaillant à  l’avènement  d’une Nouvelle Ère nous Te donnons l’occasion de nous transformer afin d’être éventuellement apte à participer à ta Gloire en étant purifiés. Il est difficile de découvrir toutes les facettes de Ton Plan. Il y a toujours quelque chose qui reste à  découvrir. Mais tout se tient d’une façon étonnante, qui dépasse notre intelligence.

 

          Une question qui me revient sans cesse est celle-ci : quel est le poids d’une vie? Sur le plan strictement humain, selon le déroulement de l’histoire, il semble qu’une vie n’a pas grande valeur. Au cours des âges, les conquérants, les bâtisseurs d’empire et autres potentats ont fait une grande ‘consommation’ d’hommes si on peut pardonner l’expression. Pour satisfaire leurs ambitions ils ont construit des villes, conquis des pays, érigé des monuments, pour satisfaire leur propre gloire. Que l’on pense aux pyramides d’Égypte, les murailles de Chine, les palais des Indes, les guerres de chaque génération qui ont parsemé l’histoire, combien d’esclaves et de travailleurs mobilisés de force qui ont payé de leur sueur et de leur vie les ambitions démesurées des mégalomanes à la recherche d’une gloire éphémère!

 

          Sur le plan spirituel, il en est tout autrement. Pour toi, le prix    d’une vie est incalculable. Tu veux tous nous sauver, que nous partagions  Ta Gloire dans ton Ciel. Pour toi, nous sommes des exilés ici-bas et notre vraie patrie est au Ciel avec Lui. Mais, dans Ton Plan, quelle part fais-Tu à tous ces millions de victimes de l’histoire et des exploiteurs qui semblent avoir eu si longtemps le loisir de satisfaire leurs ambitions aux dépens des autres humains. C’est une question intrigante à laquelle nous n’avons pas de réponse. Et les exploiteurs pourquoi ont-ils une telle latitude pour donner libre cours à leurs rêves fous et coûteux qui causent tant de souffrance? Pourquoi la Justice se fait-elle attendre, n’intervient pas toujours et souvent quand tout le mal a été fait? Hitler, Staline et bien d’autres ont été éliminés quand ils eurent épuisé tout le mal dont ils étaient capables. Il semble que la Justice soit toujours en retard.

 

          Il y a plus difficile à comprendre encore puisque Toi, le Seigneur, permet que Satan et les autres esprits mauvais ‘parcourent le monde pour la perte des âmes’ selon l’expression consacrée. Pourquoi permets-tu cela? Sans doute pour nous poser un défi. Dans Ta Révélation à Luisa, Tu expliques que nous avons tous un défi à relever quant à l’usage de notre liberté. La Vierge Marie  a relevé ce défi en renonçant dès le départ à sa liberté. Quelle leçon formidable de la part d’une simple mortelle aux anges déchus. Même Toi, Seigneur, Tu T’es soumis à cette règle malgré que Tu n’y étais pas obligé, n’étant pas une créature mais l’égal de Dieu. Tu es allé jusqu’au Sacrifice de la Croix pour nous donner l’exemple de l’obéissance poussée à sa limite : «Père, que Ta Volonté soit faite et non la mienne. »

 

          Dans cette lutte entre le bien et le mal qui met en  cause notre liberté et l’usage que nous pouvons en faire nous avons tous les exemples pour nous permettre de voir les implications et, surtout, les prix à payer. Le mal dans le monde, aussi révoltant qu’il puisse paraître est le prix que les humains payent pour leur volonté de se passer de Dieu. Le mauvais usage de notre liberté est la racine du ‘mystère de l’iniquité’ dont parle Saint Paul. Voilà pourquoi le Seigneur insiste tant aujourd’hui pour que nous donnions notre ‘oui ‘ en réponse à Son Offre de partager sa Gloire. Nous ne pouvons nous attendre à rentrer au Paradis à vivre avec Lui si nous ne répondons pas à  son Amour. On ne peut être pour et contre en même temps.

 

           Le temps des choix approche. Les choses ne pourront continuer comme maintenant et chacun suivre les fantaisies de son petit moi. Et le choix que nous avons à faire est entre notre petit moi et le Père Éternel, notre Créateur, qui nous a créés par Amour. Il faut se préparer à faire ce choix, pour ceux qui ne l’ont pas encore fait. Un mauvais choix ou le refus de Dieu va entraîner des conséquences irréversibles et désastreuses. Voilà pourquoi le Christ et la Vierge déploient depuis des années des moyens énormes pour ouvrir les yeux des humains : miracles, apparitions, enseignements à des prophètes, etc. Comme si cela ne suffisait pas le spectacle de la détérioration de la planète, conséquence de notre mauvaise administration, nous interpelle.

 

          Dernièrement, j’ai vu à la T V plusieurs grands reportages sur les risques de guerre atomique que le monde a couru du temps de la guerre froide. Le plus connu est celui de l’incident à Cuba provoqué par l’arrivée de missiles russes que les Américains ont réussi à faire retirer par la suite à la suite de négociations. Nous avons alors frôlé la catastrophe. Il y eut aussi d’autres incidents où les Russes furent prêts à lancer leurs missiles à la suite d’erreurs des services d’informations laissant croire qu’ils étaient l’objet d’une attaque de la part des Américains. Grâce à Dieu, l’erreur fut corrigée en quelques secondes, à la dernière minute, par les plus hauts dirigeants.

 

            De ces incidents et d’autres où le monde fut sauvé de justesse et par miracle, j’en garde la  preuve que, en dépit des apparences et des mauvais calculs des hommes qui jouent avec des forces qui les dépassent, aveuglés par la puissance de leur technologie, Toi,  Seigneur, tout en respectant notre liberté, Tu sais infléchir des évènements et nous sauver des risques insensés  que nous ne cessons pas de prendre  dans  l’administration de la planète,emportés par nos rivalités et nos pouvoirs.  Il me paraît évident que la Création reste sous Ton contrôle et que Tu ne peux que triompher. Mais Tu laisses souvent courir les évènements pour nous faire comprendre dans quels pétrins nous nous mettons et combien nous avons besoin de Toi en dépit de notre orgueil  et de nos aveuglements.

 

          Nous courrons un autre danger peut-être aussi grave.  La guerre froide a été remplacée par la guerre « sainte des Musulmans ». Ils se sont  persuadés qu’ils servaient Dieu en tuant les Occidentaux et même les Chrétiens sous prétexte que ceux-ci sont corrompus. Ils croient ainsi agir comme des martyrs et gagner directement le Paradis. Leurs jeunes sont endoctrinés dans cette voie et aspirent à être des ‘martyrs’. Il est difficile de comprendre comment leurs chefs religieux ont pu en venir à une telle conception de Dieu et à la répandre. C’est par cette justification de suicides de leurs terroristes qu’ils font la guerre pour contrer les injustices dont ils sont victimes.

 

          C’est dans cette confusion que la recherche du pouvoir et de  l’argent nous ont mené. Comment sortir de tous ces problèmes? Il semble que nous ne sommes pas prêts  de prendre les moyens qui s’imposent et de corriger nos attitudes. Nous aurions pourtant tous les motifs de nous en remettre à Dieu, à Sa Volonté, puisque que la recherche de notre petite volonté a abouti à une telle situation. 

 

 

 

Le Silence Intérieur

 

 

"Le Royaume des Cieux est en vous…"  Car l'âme est à   l'image de Dieu. L'âme est divine (divinisée)

 

Introduction

 

 

Périodiquement, aux États-Unis et dans d'autres pays, la méditation connaît une vogue, surtout telle qu'on la pratique en Orient.  La plupart des approches, pour ne pas parler de techniques, font appel à des mantras, mots dont la signification souvent importe peu et qui visent à couper le cours des pensées sans forcer l'esprit, car l'effet serait contraire. Cet engouement qui pour plusieurs fait figure de découverte ne laisse pas de surprendre dans des milieux chrétiens. Comme si dans notre riche tradition nous n'avions pas apprivoisé les nombreuses façons de faire silence.

 

On peut trouver une explication dans le fait qu'un grand nombre de religieux qui oeuvrent dans nos paroisses ou dans d'autres milieux ne se sont pas familiarisés avec nos mystiques dont les plus célèbres représentants sont Sainte Thérèse d'Avila, Saint  Jean de la Croix. Il n'en est pas ainsi pour les religieux, moines ou autres, qui peuplent nos monastères, puisque la contemplation est au centre de leur vie. Les personnes laïques qui font des séjours dans ces monastères ont l'occasion de se familiariser avec les maîtres spirituels chrétiens qui sont dépositaires de la tradition dans ce domaine très riche et auquel nous avons accès.

 

Nous venons d'employer différentes expressions: silence intérieur, méditation, contemplation.  Nous pourrions en ajouter une autre: l’oraison.  Comment faire la différence s'il y en a une?  Dans la tradition chrétienne, méditer c'est réfléchir sur un sujet donné, par exemple sur la Croix de Jésus, l'Amour qu'Il nous porte, etc.  La contemplation a pour objet le silence intérieur, sans pensée ni image.  L'âme se vide d'elle-même pour se rendre totalement disponible à Dieu, être à son écoute.  Dans le contexte qui nous intéresse, faire oraison c'est prier.  A un certain niveau, celui du silence, l'oraison se transforme en contemplation.  

 

Faire silence

 

 

Notre nature humaine laissée à elle-même, à ses tendances, semble éprouver une grande hésitation à s'arrêter, ne serait-ce qu'un instant, à faire silence, à interrompre le cours des ses pensées.  Notre esprit est naturellement volage et l'imagination amplifie cette tendance.  Souvenirs du passé, frustrations, désirs de toutes sortes, ambitions, conflits, succès, et revers, peurs de l'avenir, etc. mobilisent notre esprit.  De plus, notre esprit est ouvert par les sens à toutes sortes d'influences, d'idées, de sensations et de puissances.  Il est en quelque sorte comme un carrefour du monde, surtout aujourd'hui alors que nous sommes inondés, même assaillis d'informations de toutes sortes par les médias modernes qui nous font participer à tous les problèmes de la planète.

 

Ce qui est pire encore c’est que nous vivons dans une société où le bruit est envahissant et accepté: bruit des machines, de la radio, de la télévision, des musiques tonitruantes, des annonces publicitaires, etc. Non seulement nous subissons ces bruits de toute provenance mais un grand nombre d’entre nous les recherchent au point qu’ils ne peuvent vivre sans être inondés de bruits, car ils ont peur de la solitude, ou d’être en face d’eux-mêmes. Les cas les plus extrêmes sont ceux des jeunes qui apprécient la stimulation des concerts de musique rock et de la musique étourdissante des discothèques, au risque de devenir sourds d’une façon prématurée. Ils ont besoin de cette excitation comme d’une autre drogue parmi bien d’autres. Peut-on imaginer que l’on puisse entretenir de telles habitudes contre nature? Parler de silence dans un tel contexte paraît futile, comme prêcher dans le désert.  Mais notre propos se situe à un autre niveau.

 

Notre esprit est souvent pris dans un engrenage de désirs sans fin.  Les satisfactions qu'il recherche sont de courte durée et le laissent toujours sur son appétit.  Sans exagérer l'on peut dire que l'insécurité, les regrets et les peurs très souvent l'habitent.  Les sens exercent sur lui une constante tyrannie, à laquelle nous nous sommes habitués, qui nous semble inévitable, faire partie de notre nature. 

 

Comment sortir de cette prison? Est-ce possible? Un prisonnier peut-il se libérer lui-même?

 

De tout temps, des sages, même avant le témoignage de Jésus-Christ, inspirés par le Divin en eux, ont découvert la voie qui peut affranchir notre esprit de ses servitudes qui semblent insurmontables à première vue.  Pour sortir de cette prison qui, ô ironie, tient lieu de liberté pour le plus grand nombre, il faut fermer les fenêtres des sens, tourner l'esprit vers l'intérieur.  C'est l'invitation que le Seigneur nous fait lorsqu'il dit: "Retire-toi dans ta chambre, ferme la porte, et prie ton Père qui est là invisible; ton Père voit ce qui est invisible; il te le revaudra.”

 

Mais il est important que l'on précise sous quels auspices on fait cette démarche. Car on trouve toutes sortes d'influences qui s'agitent à l'intérieur de notre esprit, à différents niveaux mal identifiés.  Dans bien des traditions, des gourous, parfois préoccupés de pouvoirs divers, se réclamant de certaines sagesses à saveur humaine, se sont efforcés de faire des disciples.

 

          Certains les ont suivis, séduits par les connaissances de ces hommes d'autres cultures qu'il leur était difficile de situer, parfois avec une certaine naïveté, parfois à la recherche de pouvoirs, par curiosité ou sous diverses influences.  Il est parfois difficile de résister à ceux qui nous promettent le bonheur quand on est insatisfait de notre condition.  Il semble qu'aujourd'hui plus que jamais le temps est propice aux expérimentations de toutes sortes qui nous sont proposées par les médias.

 

Ce qu'il faut retenir c'est que les voies intérieures ne sont  pas sans dangers quand les guides qui se proposent  sont des manipulateurs experts, préoccupés de pouvoirs plus ou moins avoués.  Les exemples abondent de gens souvent sincères qui se sont laissés embrigader et qui ne s'en sont sortis que diminués, dépouillés de la meilleure partie d'eux-mêmes.  Il faut souvent des années pour guérir de ces mésaventures.  Nous devons donc exercer une extrême prudence et  profiter de l'expérience des autres.  Surtout, ne pas oublier que nous les occidentaux nous sommes plus familiers avec les formes d'exploitation matérielle que celles qui se présentent avec le halo du spirituel.

  

 

Une voie sans risque.

  

Heureusement pour nous, nous pouvons faire l'économie de toutes ces expériences risquées,  proposées  par des gourous que nous connaissons mal, car nous est possible de puiser à notre propre tradition chrétienne qui est très riche et qui offre toutes les garanties. Il ne s'agit pas d'un "No where" problématique qui cache des réveils douloureux.

 

Pour aller vers l'intérieur, nous disposons d'un Guide incomparable qui ne peut nous tromper: l'Esprit Saint.  C'est Lui que nous appelons à faire le silence en nous. "Pour prier retire-toi dans ta chambre…" Ferme les yeux et laisse-toi regarder par le Seigneur. Rencontre-Le avec toutes tes pauvretés, tes frustrations, tes misères, tes déceptions.  Abandonne-toi à Lui.  Sois totalement à Lui.  Et tu connaîtras la paix qui "dépasse tout entendement".  Tu seras comblé.  Tu reviendras comme un nomade à son oasis, ta véritable Demeure.  Ton âme se reconnaîtra dans cette Paix indéfinissable, inépuisable et toujours nouvelle.

 

Cette démarche est une réponse à l’appel de Dieu qui surgit du fond de nous-mêmes et que l’on ne peut entendre tant que notre esprit est agité ou reste tourné vers les affaires du monde.  C’est aussi la reconnaissance de la soif de Dieu qui dort en chacun de nous.  Notre soif rencontre Celle de Dieu. Et cette expérience est Trinitaire. Nous participons à l’Amour qui unit le Père au Fils.  La Vierge Marie nous précède et nous guide. Elle supplée à notre impuissance. C’est aussi notre Modèle.

 

« Comment l’Esprit Saint nous entraîne-t-il dans notre retour vers Dieu? Le privilège de l’amitié, semble-t-il, c’est que l’on puisse vivre dans l’intimité de son ami. Or selon la Parole de l’apôtre, notre cité est dans les cieux; l’intimité de l’homme avec Dieu se réalise dans la contemplation de Dieu. Étant donné que c’est l’Esprit Saint qui nous rend ami de Dieu, il est normal que ce soit Lui qui nous constitue contemplateurs de Dieu…» (Saint Thomas d’Aquin)

 

Le Seigneur dit : « Je conduirai mon amie dans le désert et je parlerai à son coeur » C’est-à-dire dans le désert vidé de toutes les créatures (Osée 2).

 

Cette expérience est une mort à soi-même…et en même temps une naissance… Pendant quelques minutes, quinze, vingt ou plus selon nos dispositions, nous nous rendons disponibles à Dieu, nous retournons vers notre Source comme le saumon qui remonte vers le ruisseau qui l’a vu naître.  Le sens profond de cette expérience explique la réticence qui peut nous venir, les excuses que nous trouvons pour l’éviter ou l’interrompre. Car le petit moi qui nous habite n’y trouve pas son compte comme dans bien des exercices de piété.  Mais il reste que la pratique régulière apporte une paix profonde qui est réconfortante et elle est parfois l’occasion de recevoir certaines grâces de Dieu. Notons aussi que l’abandon de nos pensées, car c’est bien de cela qu’il s’agit, est le dernier bastion de nos attachements.  De plus, c’est beaucoup plus efficace que de livrer un long combat pour renoncer à bien de nos attaches. L’identification avec le Christ en nous, car nous pouvons, en tant que chrétiens,  nommer le Divin en nous, relativiser tout ce qui prend normalement de l’importance pour nous dans la vie de tous les jours et qui ne nous satisfait jamais complètement et, souvent, est source de tant d’inquiétudes.

 

Pour vraiment tirer profit au maximum du silence intérieur, il faut réserver un certain temps chaque jour à cette rencontre avec Dieu, préférablement le matin et le soir. Il s’agit d’un moment spécial qui s’ajoute à nos prières vocales, méditations sur la  Parole de Dieu, chapelet et lectures spirituelles. On ne doit pas l’aborder avec l’arrière-pensée d’obtenir des faveurs spirituelles. S’il en vient, on peut se réjouir, les accepter avec reconnaissance comme un signe d’encouragement et de Miséricorde de Dieu, de Sa Sollicitude à notre égard. 

 

D’ailleurs, la plupart du temps, cette Paix que nous goûtons ne va pas sans une certaine aridité à laquelle il faut s’habituer.  N’y a t il pas au désert toujours un peu de sécheresse, même beaucoup? C’est le prix à payer pour laisser Dieu dompter le petit moi dont nous sommes esclaves.

 

Il reste que « cette solitude n’est pas autre chose que la tranquille, silencieuse et déserteDivinité. C’est à cette solitude que Dieu conduit tous ceux qui, dans ce siècle et dans l’éternité future, seront capables de recevoir son inspiration divine et son langage intérieur ».

 

« C’est dans l’intime du coeur que vous trouverez  la Paix Divine.  Faites tout ce que vous voudrez pour dompter les sens, multiplier les jeûnes, les veilles et tous les autres exercices extérieurs les meilleurs, vous réussirez bien à les affaiblir mais à les éteindre complètement? Non pas. Pour y parvenir vous devez dépasser ces exercices extérieurs pour vous appliquer au recueillement, vous retirer au fond de vous-mêmes.  C’est là que vous apprendrez à dompter les sens et à les faire mourir en les rendant soumis à l’homme intérieur.  Le recueillement, l’attention, la vigilance pour écouter la voix du Seigneur au-dedans de vous-mêmes, voilà ce qui rend apte à recevoir la Force Divine, et par la Force Divine seulement vous arriverez à triompher des sens. »

 

Ce qui se passe est facile à comprendre.  Dans le cours habituel de la vie nous sommes en quelque sorte absorbés par nos activités, nos rôles, nos biens, auxquels nous nous identifions. C’est le niveau du petit moi avec son passé, ses particularités, ses désirs, ses frustrations, ses intérêts, ses peurs, les conflits qui souvent naissent avec les autres petits egos, et surtout ce besoin maladif de se valoriser, la plupart du temps au détriment des autres qui sont perçus comme des concurrents sinon des ennemis. Ces fixations sont facteurs d’insécurité car à ce niveau tout change, est incertain et sujet à des influences qui sont en dehors de nous, sur lesquelles nous n’avons qu’un pouvoir relatif, parfois même aucun.  Par exemple, celui qui s’identifie à ses biens, sa maison etc. s’il les perd il a l’impression d’être détruit pour ainsi dire  avec eux.

 

Par ailleurs, dans le silence intérieur nous nous identifions avec le Divin en nous qui est notre vraie nature puisque nous sommes des enfants de Dieu.  Ce niveau n’est pas sujet au changement, il est au-delà du relatif où nous évoluons dans l’expérience humaine que les Saints ont de tout temps considérée comme un exil.  Il va sans dire que c’est par la répétition des exercices d’intériorité que nous devenons peu à peu pénétrés du Divin, transformés par Son Influence.  Tout ce qui caractérise les modalités de l’ego, ses préjugés, ses désirs, ses illusions, ses impatiences, ses regrets, ses peurs, notamment liées à l’avenir, sont graduellement balayés.  Les retours constants sur le passé sans motif valable et qui sont souvent facteur de regrets ne tiennent plus.  La mémoire sert quand on en a besoin et ne nous incite plus à vivre dans le passé.  Quant à l’imagination que l’on a souvent appelée ‘la folle du logis’ elle est sevrée.  Nous ne subissons  plus ses amplifications, ses distorsions à l’occasion des sentiments positifs ou négatifs que nous éprouvons dans nos relations avec les autres. 

 

Nos perceptions des autres en sont changées. Nous ne sommes plus prisonniers des apparences.  Les différences sont démystifiées et ne nous dérangent plus.  Ce qui est normal puisque au niveau du Divin il n’y a plus de différences. 

 

C’est là que les commentaires de Saint Paul trouvent toute leur signification :

 

« Car, de même que le corps est un, tout en ayant plusieurs membres, et de même que tous les membres du corps, malgré leur nombre, ne forment qu’un seul corps, ainsi en est-il du Christ.  Car nous avons tous été baptisés d’un même Esprit, pour ne former qu’un seul corps, Juifs ou Grecs, esclaves ou hommes libres; et c’est d’un même Esprit que nous avons été abreuvés.  Ainsi le corps ne consiste pas en un membre, mais en plusieurs. » (1 Corinthiens, 12, 12-14)

 

Dans la mesure où nous avons conscience d’être un membre du Corps du Christ parmi bien d’autres nous ne pouvons garder envers les autres les attitudes de l’ego pour lequel tout est corps étranger, et donc une menace possible contre laquelle il faut se prémunir.  Les conflits du monde n’ont pas d’autre origine.

 

Il découle de ce qui précède que nous avons toutes les raisons de pardonner. C’est d’ailleurs un principe fondamental dans le Christianisme puisque nous sommes les membres d’un même Corps, le Corps du Christ.  Si pardonner semble très difficile dans certaines circonstances, dans la mesure où nous sommes prisonniers de l’ego et que nous n’avons pas su nous affranchir ne serait-ce que partiellement de ses travers, la pratique du silence intérieur nous donne une autre perception des conflits auxquels nous sommes mêlés bien souvent malgré nous, en tant que cible ou victime surtout au niveau professionnel où il existe tant de rivalités.

 

A ce sujet, je me souviens d’une anecdote qui peut nous aider à comprendre.  Un homme d’affaires que j’ai connu il y a bien des années fut victime d’une lutte de pouvoirs de la part de deux anciens employés qu’il avait fait ses associés dans une entreprise qu’il avait fondée.  Pour les motiver, il les avait, au départ, mis actionnaires au même niveau que lui.  Ce qui comportait un risque mais il croyait bien les connaître et voulait leur faire confiance. Le risque était particulièrement élevé du fait qu’il se réservait le rôle de partenaire silencieux.  Tout alla bien pendant plusieurs années mais l’un des associés qui voulait tout le pouvoir obtint l’appui du troisième pour éliminer le fondateur.  Ensuite, il se débarrassa de son complice.  Ce dernier, dans son dépit, avoua au fondateur qu’ils le volaient depuis des années, de connivence avec des clients, en trafiquant les factures, et lui en fournit la preuve.  Puis, il invita devant son avocat à poursuivre l’instigateur.

 

L’homme d’affaires, refusa spontanément, sans prendre la peine de réfléchir.  Or cette personne pratiquait le silence intérieur depuis nombre d’années.  Il m’expliqua qu’il vit très clairement que c’était la seule attitude à prendre. Il comprit plus tard que c’était la seule façon de garder la paix et de ne pas risquer d’enrichir les avocats.  De plus, il n’en voulut pas à ses associés de l’avoir spolié car il voyait clairement leur immaturité ou leur cupidité qui les avait fait succomber à la tentation. Cela lui paraissait humain. On pardonne facilement à un enfant qui mouille sa couche.  Et il faisait une distinction entre eux et leurs actions.  Certes, il se sentit trahi et blessé mais il se reprocha de les avoir mis en tentation en leur accordant trop de pouvoir.  Le Seigneur n’a-t-il pas dit au moment de son procès : « Pardonnez leurs car ils ne savent pas ce qu’ils font. » De plus, il n’était pas obligé de se sentir lésé puisque seul son personnage était atteint (son petit moi) avec lequel il ne s’identifiait que partiellement, dans la mesure où il vivait au niveau du Divin en  lui.  Quand on est blessé, il est utile de se demander ce qui est blessé en nous, ce qu’on a vraiment perdu.  Parfois, c’est l’orgueil ou un reste de vanité.  Parfois, c’est de la part des autres une injustice ou un manque de respect élémentaire auquel nous avons tous droit.  Parfois aussi, c’est une volonté de domination ou de la jalousie qui fait qu’on nous refuse ce qui nous revient. 

 

Par la suite, les deux larrons firent faillite. L’homme d’affaires l’apprit mais n’éprouva aucune satisfaction.  Il fut seulement désolé qu’ils n’aient pas compris au départ que ces mauvais calculs finissent la plupart du temps par se retourner contre leurs auteurs.  Il en est ainsi pour tout ce qui se passe au niveau du petit moi, quand nous recherchons notre volonté propre.

 

La pratique du silence intérieur offre bien d’autres avantages. Mentionnons surtout la patience.  Dans le cours ordinaire de nos activités, de nos relations avec les autres, il est facile d’être dérangé, d’éprouver de l’impatience.  De plus, les évènements nous sont souvent contraires et risquent de nous enlever notre paix.  Le silence intérieur en nous imprégnant de Divin nous rend moins troublés par ces accidents quoique non insensibles.  Ils sont tout simplement ramenés à leur perspective.  D’autant plus que notre imagination étant sevrée ne vient pas amplifier les conséquences.  N’est-il pas vrai que la plupart de nos craintes sont souvent exagérées et de toute façon n’aident pas les choses.  L’on peut dire que nous dérangeons de moins en moins les autres et que nous sommes moins dérangés par les autres parce que nous les acceptons tels qu’ils sont.

 

 

Le sevrage de l’imagination entraîne une autre conséquence en ce qu’elle met fin à son vagabondage, source d’évasion pour un grand nombre mais qui éloigne de la réalité et souvent apporte plus de problèmes que de plaisirs.  Dans la société où nous vivons, les gens parlent souvent de leurs fantasmes, la plupart du temps en relation avec le sexe.  C’est une façon d’entretenir les passions.  Rien n’est plus éloigné de la sagesse et de Dieu.  Même les philosophes grecs comme Platon, Socrate et Aristote, qui ne connaissaient pas Jésus et Son Témoignage, mettaient en garde contre l’esclavage des passions.  Il est surprenant de constater qu’aujourd’hui on utilise tous les médias modernes, la télévision et l’internet notamment, pour stimuler les passions dans une recherche obsessive de plaisirs, parfois contre nature, qui ne satisfont jamais personne. Mais, par une étrange aberration, cette recherche est considérée comme un progrès, une libération de la morale et de la religion.  Tel est le monde dans lequel nous vivons. 

 

Le Seigneur a dit : « Celui qui veut se sauver se perdra, celui qui se perd se sauve. »  De quoi s’agit-il? Du petit moi sûrement, comme d’ailleurs lorsqu’il est question de mourir à soi-même. Avouons-le, il n’y a pas là de quoi avoir peur bien qu’il s’agisse d’un détachement contre lequel souvent notre nature se rebelle.  Dans cette démarche, il est évident que nous avons tout à gagner, d’autant plus que, si livré à nos propres forces elle paraît impossible, c’est le Seigneur qui fait le travail pourvu qu’Il ait notre consentement.  La pratique du silence intérieur est une méthode pour mourir graduellement à soi-même, sans exiger des gestes héroïques ni des sacrifices pénibles.

 

Nous n’avons plus le besoin de nous valoriser à tout prix comme si notre vie en dépendait.  Le souci de se valoriser est toujours lié au petit moi éphémère et insécure.  On peut se valoriser même dans les oeuvres de piété.  Ce qui raffermit le petit moi. Certaines personnes pieuses y trouvent une sécurité, et se réconfortent dans une image embellie d’elles-mêmes. C’est un grand danger que le Seigneur a dénoncé chez les pharisiens. Le Divin qui est en nous est au-dessus de ces considérations et de tout ce qui est relatif.  Retrouver le Divin en nous et en faire le moteur de notre vie c’est donner la primauté à la Volonté Divine, s’affranchir de l’esclavage de la volonté humaine (le petit moi).

 

Pour celui ou celle qui a l’habitude du silence intérieur, le fait d’être handicapé, de subir certaines faiblesses insurmontables dues à l’âge ou à la maladie n’a guère plus d’importance même si les inconvénients qu’elles comportent sont ressenties car l’on est encré à un autre niveau, au-delà du relatif.  On n’est plus prisonnier du personnage que l’on joue dans la société.  Le sexe, homme ou femme, la couleur de la peau, la profession, l’âge et tout ce qui nous distingue des autres et qui différencie les autres de nous passent à l’arrière-plan.  On prend une certaine distance vis-à-vis son moi.  Notre point de vue n’est plus celui du petit moi mais est influencé par le  divin.

 

 Comment faire silence

 

Il suffit de faire quelques prières à l’Esprit Saint et à la Vierge Marie, de fermer les yeux et de leur demander de faire le silence dans notre esprit.  Le but est d’éviter de penser à tous nos problèmes ou de sauter d’une idée à  l’autre comme notre esprit a tendance à le faire. Certes, nous ne pourrons éviter que toutes sortes d’idées se présentent.  L’important est de ne pas encourager le processus.  Chaque fois que nous nous rendons compte que les idées se succèdent, il ne faut pas faire d’effort pour les arrêter mais simplement favoriser une idée simple comme celle de Jésus ou  maranatha (qui signifie : viens Seigneur Jésus)  On ne dit pas clairement ‘Jésus’ mais on pense le mot.  La raison en est qu’il faut rester  en profondeur, à un niveau subtil.  Même s’il nous vient bien des idées, il ne faut pas s’en faire et toujours revenir à l’idée de Jésus.  Ainsi, on ralentit tout au moins le flux des pensées.  On se rend compte que notre respiration est plus lente et que notre coeur bat moins vite.  A la longue, si les exercices sont réguliers ils deviennent plus faciles et constituent un arrêt réconfortant et salutaire dans nos activités quotidiennes.  Il faut choisir un moment, le matin et le soir, de préférence avant les repas, et d’en faire une habitude régulière sans chercher d’excuses pour sauter une journée ou l’autre. Après tout, il s’agit de la prière la plus importante au cours de laquelle nous voulons être tout au Seigneur pour qu’Il nous transforme.

 

Certains jours, quand nous vivons bien des problèmes, l’exercice peut être plus difficile.  Nos préoccupations semblent nous envahir, prendre toute la place. C’est là qu’il devient important de ne pas lâcher car nous avons davantage besoin de cet arrêt et de nous mettre entre les mains du Seigneur. On fait de notre mieux sans nous reprocher d’avoir succombé à bien des pensées.  Le Seigneur tiendra compte de nos efforts et de notre disponibilité et nous donnera les grâces nécessaires.

 

Avec le temps et la pratique, on peut rester plusieurs minutes sans aucune pensée, ce qui assure à notre esprit un repos encore plus complet.  A la longue, cela devient une habitude dont on ne peut se passer et qui facilite nos autres exercices de piété, les rend plus naturels, plus sincères.

 

Fais-nous éprouver toujours davantage, dans le silence, le goût de Dieu, et fais-nous pénétrer plus avant dans l’Intimité Divine.

 

Fais-nous découvrir la richesse du silence, l’abondance des biens spirituels que Tu y caches, l’Énergie Divine que Tu y déploies dans une âme qui, se vidant d’elle-même,  se laisse remplir par Toi.

 

 

Poème composé par Raymond Custeau

                                

 

Contemplation

 

 

Il est un lieu intérieur

Au-delà de moi-même

Que le bonheur habite.

 

C'est un séjour

Que n'atteint pas

L'agitation du monde,

 

Ni les harcèlements,

Ni le mépris, ni les injustices,

Tous les différends.

 

Ceux qui se croient

Vos ennemis

Ne peuvent vous y rejoindre.

 

Dans cette région

Du coeur,

Tout est Paix, Sérénité.

 

Mon esprit aime

A y revenir

Comme à une oasis.

Pour y baigner

Dans cette joie

Sans partage.

 

En ce lieu,

Tous les mauvais rêves

Sont oubliés.

 

Tous les péchés

Sont pardonnés,

Nous sommes réconciliés.

 

C'est un milieu sacré

Que rien ne peut salir

Ni entamer.

 

Les intérêts, les passions,

Les ambitions, la duplicité

N'y sont plus que naïvetés.

 

Ce que nous appelons

La réalité

Se confirme illusion.

 

Ce lieu que rien n'agite

Est la demeure de Dieu

Et déjà l'éternité.

 

Personne en ouvre

La porte

Sans mourir à soi-même .  

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Dernière révision : 17 juillet  2017